Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

G Bretagne/Irlande


Accords et désaccords (L'amour est aveugle)

La scène appartient à la légende de l'émission littéraire Apostrophes et à celle d"un auteur anglais âgé alors d'une petite trentaine d'années : William Boyd. L'enthousiasme de Bernard Pivot et sa promesse de rembourser tous les lecteurs insatisfaits, si tant est qu'il puisse y en avoir, a propulsé les ventes de Comme neige au soleil au zénith et initié l'histoire d'amour entre son auteur et le public français. Depuis ce 22 mars 1985, William Boyd a rarement déçu et son dernier roman, L'amour est aveugle, est sans doute l'un de ses meilleurs, pour la dernière décennie. Le plus romantique sans l'ombre d'un doute avec l'histoire de cet accordeur surdoué écossais dont le destin allait s'écrire entre Paris, Saint-Pétersbourg, Nice, Trieste, Genève, Vienne et même les exotiques Iles Andaman. Une vie tumultueuse et aventureuse comme aime à les imaginer William Boyd, au tournant du XXe siècle, dans un monde reconstitué avec une précision horlogère. L'univers de la musique classique avec ses accords et désaccords sert de décor au roman. Mais c'est bien entendu la passion amoureuse qui domine le livre, et conditionne la destinée de son héros qui oscille entre grand bonheur épisodique avec sa maîtresse russe et longues périodes d'attente contaminées par la jalousie. L'amour est aveugle atteint une sorte de perfection dans le romanesque, nous transportant, nous amusant et enfin nous transperçant d'émotion dans de dernières pages déchirantes. Les libraires pourraient proposer de rembourser les lecteurs insatisfaits, le risque couru ne serait guère plus grand que 34 ans plus tôt.

 

 

L'auteur :

 

William Boyd est né le 7 mars 1952 à Accra (Ghana). Il a publié 14 romans dont Comme neige au soleil, Armadillo et La vie aux aguets.

 


09/05/2019
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Le journal d'une femme enceinte (Tout ce que nous allons savoir)

Le "grand" romanesque ne fait pas peur à Donal Ryan, cet auteur irlandais qui a déjà signé deux romans marquants dont Le coeur qui tourne. Cela ne l'effraie pas non plus de se mettre dans la peau d'une femme enceinte, Melody, dont nous allons suivre les derniers mois de grossesse racontées dans son journal intime. Il s'est passé (il se passe) beaucoup de choses dans sa vie avec notamment la perte de sa meilleure amie à l'adolescence, son mariage avec Pat qu'elle a trahi avec un amant de passage lequel appartient aux gens du voyage, cette communauté au sang le plus pur d'irlande et sans cesse frappée d'ostracisme dans la population (comme partout ailleurs dans le monde). Et enfin, il y a cette nouvelle amie, issue de cette même communauté, dont elle devient de plus en plus proche. Tous ces personnages forment l'environnement de Melody (sans oublier son père, diminué par les ans) que Donal Ryan décrit avec bienveillance même s'il ne dissimule pas leurs failles et leurs défauts. Comme beaucoup de grands romanciers irlandais, dont il fait manifestement partie, Ryan réussit dans Tout ce que nous allons savoir le mélange âpre du réalisme le plus tragique (presque démesuré) au romantisme le plus dévorant. Une alliance qui donne un roman dont il est impossible de prévoir le déroulement, plein de vie et de violence intérieure et extérieure.

 

 

L'auteur :

 

Donal Ryan est né en 1977 à Nenagh (Irlande). Il a publié Le coeur qui tourne et Une année dans la vie de Johnny Cunliffe.

 


30/04/2019
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La traversée des ténèbres (Grace)

Dès les premières lignes d'Un ciel rouge le matin, on avait compris : la littérature pour l'irlandais Paul Lynch est une chose plus que sérieuse, viscérale même, avec plongée dans les tréfonds de l'âme humaine. Son deuxième roman, La neige noire, était très sombre et tragique, le suivant, Grace, ne l'est pas moins faisant resurgir l'époque terrible de la Grande Famine qui a frappé l'Irlande, à partir de 1845. Grace, l'héroïne de son livre éponyme, est une frêle jeune fille de 14 ans, obligée par sa mère de quitter la demeure familiale avec la quasi certitude qu'elle ne reverra jamais plus sa fratrie. C'est sur les routes d'un pays dévasté que nous entraîne Paul Lynch, un décor quasi post-apocalyptique où le danger rôde partout. Drôle de voyage initiatique où Grace dialogue sans cesse avec le fantôme de son frère et occasionnellement avec d'autres âmes mortes. Les événements atroces se succèdent et la mort cerne Grace, contrainte de grandir physiquement et psychologiquement pour survivre. Le lyrisme noir de Lynch et son écriture incantatoire couvrent d'un halo brumeux certaines scènes qui seraient sans cela insoutenables. S'il est vrai que son style est incomparable pour mêler beauté et magie avec l'horreur, il se laisse parfois aller à un excès d'onirisme faisant perdre pied au lecteur (certains en tous cas) entre réalisme et fantasmagorie. Comme dans Amadeus où il était reproché à Mozart d'avoir composé trop de notes, on peut avoir l'impression qu'il y a dans Grace trop de mots. Et pour enfin arriver à la lumière, tout à la fin du livre, qu'elle est douloureuse et cruelle cette traversée des ténèbres !

 

 

L'auteur :

 

Paul Lynch est né le 9 mai 1977 à Limerick (Irlande). Il a publié Un ciel rouge le matin et La neige noire.

 


30/01/2019
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Un homo, comme ils disent (Les fureurs invisibles du coeur)

Même si l'on connait mal les romans "adultes" de John Boyne, plus célèbre pour ses livres pour la jeunesse, il semble évident que Les Fureurs invisibles du cœur est à ce jour son oeuvre la plus ambitieuse. La vie du dénommé Cyril de 0 à 70 ans, du ventre de sa mère aux derniers mois de son existence, racontée en 10 chapitres, chacun d'entre eux séparé de 7 ans du précédent. L'ouverture du livre est phénoménale, très visuelle, avec cette jeune fille-mère condamnée à l'exil de son petit village irlandais par la diatribe haineuse d'un prêtre du haut de sa chaire. La suite est comme un feuilleton à épisodes où Cyril, né de mère inconnue et adopté par un couple singulier, va tenter de trouver un semblant d'équilibre à défaut de pouvoir retrouver sa génitrice. Le romancier est très rusé car le lecteur sait, lui, qui est cette femme que le héros du livre va côtoyer à plusieurs reprises à Dublin en ignorant son identité. Au passage, c'est sans doute le seul défaut que l'on peut reprocher à Les Fureurs invisibles du cœur, son excès de hasards et de coïncidences. Mais on l'accepte facilement tellement Boyne se révèle conteur inspiré, nous faisant remonter le temps de l'Irlande corsetée des années 50 à 80, jusqu'à New York des années sida en passant par la vie de bohème d'Amsterdam. Dans le récit, se succèdent drames absolus et moments de bonheur provisoires, toujours contrecarrés par le secret de Cyril. Car c'est un homo, comme ils disent, qui devra faire face, la plus grande partie de sa vie, au regard torve et intolérant des autres et l'amènera à trahir ses véritables amis. Un fond de grand mélodrame souvent balayé de magnifiques scènes de comédie, voire de burlesque, à la manière d'un écrivain auquel Boyne se réfère, John Irving. L'auteur irlandais est particulièrement doué pour les dialogues et plusieurs d'entre eux sont d'une incroyable verve hilarante. Les Fureurs invisibles du cœur est le genre de livre qu'on brûle d'offrir à nos proches, à ceux qu'on sait épris de grandes et belles histoires où les sentiments exacerbés tiennent la première place, pour le meilleur et pour le pire.

 

 

L'auteur :

 

John Boyne est né le 30 avril 1971 à Dublin. Il a publié 10 romans et plusieurs livres pour la jeunesse dont Le garçon au pyjama rayé et Le secret de Tristan Sadler.

 


25/11/2018
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Schéhérazade boit du thé (Le bruit du dégel)

Kate, l'étudiante, est engagée dans une relation sentimentale hasardeuse et boit plus que de raison ; Jean, la vieille femme, fend du bois, savoure son thé et ses pâtisseries et vit seule, sans doute entourée de fantômes aimés. Leur rencontre et leurs dialogues sont orchestrés par l'écossais John Burnside qui situe cette fois son intrigue aux Etats-Unis, au fil d'une succession d'histoires intimes qui finissent par tisser un récit de l'Amérique de la deuxième moitié du XXe siècle. Et de cette relation entre deux femmes séparées par de nombreuses décennies va naître une connivence et une amitié qui se développent naturellement, parce que l'une a le talent de raconter et l'autre celui d'écouter. Moins opaque que dans la plupart de ses romans précédents (Scintillation, L'été des noyés), Burnside reste cependant un auteur qui préfère garder une grande part de mystère à ses personnages et à ce qui leur arrive, faisant confiance à l'intelligence, l'intuition et l'imagination de ses lecteurs. Dans Le bruit du dégel, il nous embarque dans une narration à la Shéhérazade où ses héros se protègent des mensonges d'Etat (Guerre froide, Vietnam) mais en paient chèrement le prix, et où les histoires d'amour finissent mal en général. L'écrivain prône la contestation comme arme contre le non-conformisme et décrit comme personne les faiblesses humaines et leurs échappatoires dérisoires. Mais la plus belle des addictions, et la moins nocive, n'est-elle pas celle de raconter des histoires, et qu'importe si elles prennent quelque distance avec la vérité ? Subtil, poétique et amer, Le bruit du dégel est une décoction au parfum unique que l'on savoure comme un thé noir fort et capiteux.

 

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L'auteur :

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John Burnside est né le 19 mars 1955 à Dumferline (Ecosse). Il a publié une dizaine de livres dont Scintillation et L'été des noyés.


03/09/2018
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Fille de métissage (Swing Time)

Il semble bien que les romanciers contemporains aient de moins en moins envie d'utiliser une narration chronologique classique, préférant passer d'une temporalité à une autre, selon leur bon vouloir. C'est le cas de Swing Time de Zadie Smith qui alterne des moments de vie de son héroïne, entre son adolescence et jeunesse, d'une part, et son existence de femme active, d'autre part. Un procédé peut-être efficace pour alimenter le suspense mais qui déséquilibre un livre par ailleurs captivant bien que parfois victime de sa richesse thématique. Si l'on considère Zadie dans le rétro, force est de constater que ses sujets de prédilection sont présents dans Swing Time : quête identitaire, racisme, désillusions de l'existence, etc. La narratrice du livre n'est pas éminemment sympathique mais elle est en revanche touchante par ses manques, de confiance en elle, en particulier, toujours plus ou moins sous la domination d'autres femmes : Tracey, sa meilleure amie d'enfance ; Aimee, la pop star qui l'emploie ; sa mère, passionaria difficile à aimer. Autant de personnages qui ne sont vus qu'à travers le regard de celle qui raconte. La passion de la danse et des vieux films de Fred & Ginger, les relations de moins en moins proches au fil du temps avec Tracey, la construction d'une école pour filles en Gambie, pour le compte d'Aimee : Zadie Smith prend son temps et densifie son roman au fil des pages sans chercher à terrasser le lecteur par des scènes spectaculaires. C'est sur la longueur qu'elle convainc (pas totalement, malgré tout), avec une écriture soutenue et rythmée, revenant au fur et à mesure sur ses thèmes favoris, qui pulsent à la façon de refrains lancinants. Comme un swing perpétuel autour de la question : où se situer quand on est fille du métissage ? Noire au nord, blanche au sud, vraiment ? Ce n'est pas si simple.

 

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L'auteure :

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Zadie Smith est née le 27 octobre 1975 à Brent (Grande-Bretagne). Elle a écrit 5 romans dont Sourires de loup et Ceux du nord-ouest.


12/08/2018
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La tête hors de l'eau (La noyade pour les débutants)

La noyade pour les débutants est moins immédiatement séduisant que le roman qui a fait connaître Ruth Hogan, Le gardien des choses perdues, à la fantaisie débridée. Il est vrai qu'ici, la narratrice, Masha, a vécu une tragédie dont elle ne se remet toujours pas, bien des années après, avec la mort de son petit garçon de deux ans. Avec ces prémices, le livre peine à démarrer malgré les pincées d'humour et l'excentricité joviale qui font partie du caractère de Masha. S'y ajoutent en parallèles des chapitres qui délaissent un temps son héroïne pour évoquer Alice, une femme dont on ignore le rapport éventuel avec Masha. Mais patience, le lecteur le découvrira au fur et à mesure et notamment dans un dénouement excessivement romanesque et positif quiqu'un peu difficile à avaler. A part cela, La noyade pour les débutants, dont le titre fait référence à l'habitude qu'a son personnage principal de flirter avec le suicide, fait preuve d'immenses qualités de coeur, avec cette alliance toute britannique de tendresse, de pudeur et d'ironie volontiers caustique. L'entourage de Masha, en particulier, est réjouissant, peuplé de caractères bien trempés aux personnalités hors norme et aux comportements souvent choquants pour les bien-pensants. Comme dans son précédent roman, Ruth Hogan fait l'éloge de la solidarité, des amitiés désintéressées et du non-conformisme. Sans oublier le thème de la résilience qui la touche de près puisqu'elle a elle-même combattu un cancer pendant des années. Impossible de ne pas s'attacher à Masha, à ses longues promenades au cimetière, à son amour de chien et à ses tentatives maladroites de séduction envers un bel inconnu. Comme tout un chacun, elle essaie vaille que vaille de garder la tête hors de l'eau. Et c'est une lutte de chaque jour, jamais gagnée.

 

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L'auteure :

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Ruth Hogan est née à Bedford en Angleterre. Elle a écrit Le gardien des choses perdues.


26/05/2018
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La note noire (Larmes blanches)

Toute la musique qu'ils aiment, elle vient de là, elle vient du blues... Larmes blanches est l'histoire de l'obsession de deux jeunes américains pour le son parfait et la musique la plus pure qui soit, à savoir celle du blues des origines. Le livre de Hari Kunzru, dont on connait la splendeur du style, débute de façon plutôt classique avec une narration conduite par Seth, l'un des deux garçons, le moins riche, le moins séducteur, le plus loser du duo. Le jour où ils s'amuseront à créer un faux morceau de vieux blues et le balanceront sur la toile sera le premier d'une déchéance et d'un aller simple vers l'enfer. Un temps, le roman tient parfaitement la note, se réinventant en thriller bien noir. C'est palpitant et toujours extrêmement documenté au rayon musical. Et puis c'est le drame. Tout bascule dans la dernière partie du livre dans un halo cauchemardesque et paranoïaque où les couches temporelles se télescopent. Larmes blanches devient un film d'horreur, opaque, pour illustrer une vengeance d'outre-tombe. Fallait-il cette lourde symbolique pour illustrer le thème de l'appropriation de la culture noire par les blancs ? Peut-être pas mais même en perdant un peu notre attention dans les dernières pages, le roman de Hari Kunzru est le plus souvent captivant par les thèmes qu'il développe, l'érudition qu'il montre et le rythme qu'il impose.

 

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L'auteur :

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Hari Kunzru est né le 1er janvier 1969 à Londres. Il a publié 6 ouvrages dont L'illusionniste et Dieu sans les hommes.


05/03/2018
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Guerres et amour (Des jours sans fin)

Avec des jours sans fin de Sebastian Barry, le lecteur plonge d'emblée dans l'Amérique de 1850, avec son narrateur, Thomas McNulty, et sa langue si particulière. Cet irlandais a fui la famine et le malheur de son île natale et va se retrouver au coeur d'un pays ravagé par les guerres. Le livre est un drôle de western aussi féroce et cruel qu'un film de Sam Peckinpah bien que tempéré par l'amour entre Thomas et son camarade d'aventures, John, et pour leur fille adoptive sioux, Winona. La chasse aux bisons, les spectacles des deux garçons déguisés en femmes, la splendeur des paysages panoramiques : on s'y croirait mais la majeure partie de l'action concerne les guerres contre les indiens puis celle de Sécession. Et ils sont sauvages ces conflits et ô combien réalistes, au point qu'on n'est pas loin de crier grâce. Sauf qu'il y a un incroyable talent d'écriture dans ce roman, conté par un personnage candide mais bien lucide qui s'exprime de façon triviale, soit, mais dans un style qui côtoie le lyrique. Le rythme est échevelé, les phrases courtes et une forme d'humour vient contrebalancer l'horreur de certaines situations. Sans oublier une empathie de Thomas pour ses compagnons de virées sanglantes permettant une réflexion sur les raisons qui poussent les hommes les plus modérés, au repos, à faire preuve d'autant de bestialité dans la bataille. Des jours sans fin est à la fois un roman sur l'exil, la nature des hommes et l'identité sexuelle, celle-ci incarnée par un Thomas qui se sent aussi féminin que masculin. L'attachement à son amoureux, qui est l'affaire de sa vie, donne lieu aux passages les plus pudiques de l'ouvrage. C'est un livre qui a de l'estomac mais aussi beaucoup de coeur.

 

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L'auteur :

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Sebastian Barry est né le 5 juillet 1955 à Dublin. Il a publié 9 ouvrages dont Du côté de Canaan et L'homme provisoire.


10/02/2018
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Déboires d'artiste (L'écliptique)

Un écrivain a tous les droits vis-à-vis de ses lecteurs et en particulier celui de tendre des pièges et de lui faire prendre des vessies pour des lanternes (ou l'inverse). C'est ce que ce petit malin de Benjamin Wood s'ingénie à faire dans son deuxième roman, L'écliptique, qui comme son précédent montre un certain savoir faire mais aussi une propension à utiliser des "trucs" narratifs certes de bonne guerre mais un peu tordus quand même. La première partie, au sein d'une communauté d'artistes en panne d'inspiration reléguée sur une petite île turque est on ne peut plus classique et tend à rappeler les univers d'autres écrivains (Thomas Mann). Sans transition, la deuxième partie du livre nous raconte l'itinéraire d'une jeune apprentie peintre dans l'Angleterre des années 60. Là, Benjamin Wood montre un talent honnête même si le thème n'est pas spécialement nouveau. Et puis arrive le troisième pan du livre et c'est le drame. Comme si c'était absolument nécessaire, un twist vient remettre en question (et même davantage mais inutile d'en dire plus) tout ce que le lecteur a appris auparavant. Pour certains, cela a peut-être le mérite de relancer l'intérêt mais l'effet contraire est également admissible (c'est mon cas) dans le sens où il y a la détestable impression de s'être fait abuser dans les grandes largeurs, sentiment qui peut parfois être délicieux ou vertigineux mais pas quand on n'est déjà pas totalement en admiration devant le style et le tempo narratif de l'auteur. D'une certaine façon, L'écliptique, à l'instar de certains films récents, pourrait sembler avoir été écrit uniquement pour ce gimmick un brin sournois. Ce serait balayer un peu trop facilement les bons passages du livre mais, après tout, c'est le procédé utilisé par Wood qui nous incite à le faire.

 

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L'auteur :

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D'origine britannique, Benjamin Wood est né en 1981 en Australie. Il a écrit Le complexe d'Eden Bellwether.


25/11/2017
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